Le petit monde d'Alice

mercredi 24 novembre 2010

Publié par Alice - 0 commentaire

 



Un peignoir blanc. Trop grand, très doux comme le cocon dans lequel se blottit la chrysalide avant de devenir papillon. En version femme contemporaine, vous enveloppez une grincheuse surmenée et survoltée (on est en novembre !) dans du coton immaculé, vous la laissez goger un après-midi entre bains chauds et vapeurs parfumées et vous verrez, il lui aura poussé des ailes bariolées dans le dos. Au passage, regardez bien : les plis d’irritation aux commissures des lèvres auront cédé la place à des parenthèses autour de la bouche, les sillons du sourire retrouvé. Rien de plus métamorphosant qu’un passage en spa.

Alors, vous me direz : c’est très joli, fort tentant merci, mais voici bien de l’oisiveté de riches ! Combien ça coûte, que d’aller se tremper l’orteil ? Vérification faite : parfois pas tant que cela. Pour le prix d’un coffret de DVD, même pas le dixième d’une facture d’électricien – s’ouvrent déjà les portes de l’univers irréel de l’eau chaude et du silence glougloutant. Au-delà des gommages qui rendent la peau douce et des buses massantes qui détendent la nuque, le spa relève de l’expérience sensorielle : comme un grand nettoyage des idées noires, une bulle de volupté arrachée au temps qui cavale.

Une bonne piste cadeaux aussi : plutôt que d’offrir des potiches qui vont finir par s’empoussiérer dans un coin, on pourrait se distribuer parmi des bouffées de luxe émotionnel, de celles qui dépoussièrent le moral et restent longtemps gravées dans la mémoire. Tu m’as apporté des bonbons ? Non, je t’ai acheté un moment de douceur …

(Renata Libal)


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