Le petit monde d'Alice

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vendredi 11 septembre 2026

Publié par Alice - 0 commentaire

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"Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d’imbéciles et qu’il n’y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s’entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que les personnes qui dédaignent les livres. 
C’est logique, après tout. Le lecteur développe son intelligence au contact des raisonnements, au frottement des idées, au heurt des chimères ou des apories. Il devient l’intime de héros de fiction dont il a suivi les aventures avec curiosité, souvent avec passion. Il range dans sa mémoire des morceaux d’histoire de France ou d’ailleurs, des vies de personnages illustres, des récits de découvertes, d’exploits, de faits divers, d’existences obscures ou infortunées, de peuples en majesté ou en servitude, de civilisations défuntes. Bref, il collectionne des éclats de ce qui constitue la culture générale dont le livre, même s’il a aujourd’hui des concurrents, reste le principal pourvoyeur. 
Beaucoup trop d’hommes politiques, de chefs d’entreprise, de hauts fonctionnaires, de manageurs, de responsables de tout poil ne lisent que des livres utiles à l’exercice de leur profession. La littérature ? Perte de temps. Les romans ? C’est bon pour les femmes. Pauvres types ! (Pas sûr qu’au même niveau de responsabilités les femmes lisent plus et mieux.) Eux qui vivent dans un monde clos de privilégiés et en connaissent les protocoles, ignorent tout de l’évolution des comportements dans les différentes strates de la population dont ils ont directement ou indirectement la charge. Romans et récits leur apprendraient bien des choses. Sur le clair-obscur des mentalités. Sur les raisons des volte-face et des fidélités. Sur les fiertés minuscules et les détresses inavouables. Sur le grand bazar du commerce des corps et des âmes. Et donc, par comparaison, par confrontation, sur eux-mêmes. 
Lire des romans, c’est prendre des nouvelles des autres. 
Barack Obama : « Grâce à la littérature, j’ai pu imaginer ce qui se passait dans la vie des gens. » 
Milan Kundera : « La bêtise des hommes vient de ce qu’ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c’est d’avoir question à tout. » 
Lire de la poésie, c’est soulever des chapeaux, des couvercles, des tapis, le ciel. 
Lire n’est pas se retirer du monde, c’est entrer dans le monde par d’autres portes. 
Lire, c’est prendre Voltaire comme professeur, Proust comme oncle de la ville et Vialatte comme tonton des champs, Duras comme cousine, Stendhal, Dumas, Camus et Semprun comme amis, La Fontaine et Vincenot comme gardes-chasse, Louise Labé comme amante, Colette comme cuisinière, Montaigne, Jean Giono et Julien Gracq comme voisins. 
Lire, c’est agrandir sa famille, engager du personnel, se faire des amis, multiplier ses relations, se constituer un fabuleux carnet d’adresses. 
Lire, c’est faire entrer un peu de lumière dans le dédale piégeux de nos existences. 
Mais si l’on comprend mieux le monde en lisant, la lecture peut aussi le complexifier, le rendre plus énigmatique. Il y a des livres qui décoiffent, qui dérangent, dont on sort troublé et même chamboulé. Ce sont peut-être les meilleurs puisqu’ils nous atteignent au plus profond et qu’ils modifient nos façons de voir et de ressentir. Ils nous poussent à des examens de conscience. 
Ils nous encouragent à prendre des résolutions, à tenter des expériences. Ce sont des perturbateurs existentiels. 
Lire, c’est courir le risque de se remettre en cause. 
Enfin, la lecture est l’une des dernières activités humaines – avec, entre autres, la conversation et l’amour – où il n’y a nulle nécessité de retenir des codes, d’appuyer sur des touches, de consulter des écrans. Technologie nulle, simplicité du contact avec les mots (à condition, bien sûr, de continuer de préférer le papier à la tablette). 
Lire, c’est avoir de l’esprit jusqu’au bout des doigts." 
 

mardi 18 août 2026

lundi 10 août 2026

lundi 3 août 2026

"Je voulais me lover dans un trou de souris, 
me réfugier dans une tanière, 
me protéger du monde au bout de mon impasse, 
me perdre parmi les beaux souvenirs, 
habiter de doux romans, 
vivre au fond des livres."
[...] 
"Je vis depuis des années dans un pays en paix, 
où chaque ville possède tant de bibliothèques 
que plus personne ne les remarque."
(Gaël Faye, Petit pays)
 

lundi 4 mai 2026

dimanche 26 avril 2026

mardi 21 avril 2026

Publié par Alice - 2 commentaires

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Philippe Roi @7559pr 
Nous sommes chaque jour confrontés à un choix : ouvrir un livre ou céder au confort immédiat des divertissements numériques. S’accorder un temps de lecture, ce n’est pas seulement se soustraire à un flux continu de stimulations rapides ; c’est réintroduire dans nos journées une forme d’attention soutenue, devenue plus difficile à mobiliser dans un environnement saturé d’appels à la distraction. S’extraire de la fragmentation numérique permet à l’attention de retrouver immédiatement une structure continue et un rythme lent. Ce changement de cadence ne répare pas une fonction altérée ; il réactive une capacité de concentration que l’instantanéité ne fait que suspendre. Il suffit alors d’un espace dégagé de toute concurrence visuelle pour que la pensée soutenue manifeste de nouveau sa pleine disponibilité.
 

mardi 14 avril 2026

dimanche 22 mars 2026

Publié par Alice - 0 commentaire

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"La lecture n'est pas qu'une distraction : elle est aussi une source d'inspiration pour l'esprit. Elle concentre l'expérience de vies multiples, transmet des modèles de pensée éprouvés et ouvre l'accès à des horizons que l'immédiat ne révèle jamais. Elle façonne une intelligence capable de suivre la complexité du réel, là où l'absence de lecture condamne à l'approximation et à l'illusion. Lire, c'est se donner  les moyens d'une liberté intérieure : celle de juger par soi-même, de résister aux slogans, de reconnaître la vérité dans le tumulte. Un individu qui néglige la lecture s'appauvrit, car ses idées perdent en profondeur et ses échanges en clarté. Une personne qui lit sérieusement ne possède pas seulement plus de savoir : elle acquiert une souveraineté intellectuelle que nul influenceur ou despote ne peut dominer." (Philippe Roi)

mardi 10 mars 2026

Le 10 mars, ouvrez un livre...

  
 
Vous participerez ainsi à la 5e édition du Quart d'heure de lecture national, organisé par le CNL (Centre National du Livre) en collaboration avec l'Éducation nationale.
Une initiative soutenue par Psychologies depuis plusieurs années.
Alors que 20 % des jeunes, dont 38 % des 16-19 ans, ne lisent pas du tout dans leurs loisirs, et que les écrans ont tendance chez les adultes également à remplacer l'écrit, cette manifestation entend remettre la lecture au coeur de notre quotidien ! Polar, roman, essai... tout est bon !
 

mercredi 25 février 2026

Publié par Alice - 0 commentaire

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"Plus qu'un livre, c'est le souvenir d'un livre qui compte. Lorsqu'on commence à le changer, à le modifier, à l'imaginer d'une autre façon. Toute cette rêverie autour d'un livre fait partie de sa lecture et compte beaucoup plus en définitive. Les lectures sont de véritables événements de la vie. Certains sont même devenus fous à force de lire comme l'a montré Cervantès avec le personnage de Don Quichotte. La lecture d'un livre de Cervantès, de Flaubert, de Schopenhauer, de Melville, de Whitman, de Stevenson ou Spinoza est une expérience aussi forte que de voyager ou d'être amoureux." (Jorge Luis Borges)

Photo : Grete Stern

mercredi 4 février 2026

samedi 31 janvier 2026

"Je lis parce que la vie ne me suffit pas.
Je lis pour être ailleurs. 
Je lis parce que c'est la seule activité au monde 
qui permette d'être à la fois seul et accompagné. 
Je lis pour sortir, sans sortir. 
Mais je lis aussi pour entendre des vivants. 
Je lis pour ne pas vieillir. 
Je lis pour échapper à la société autant qu'à moi-même. 
Je lis pour être libre. 
Je lis pour ne pas être dérangé. 
Je lis pour ne pas répondre au téléphone. 
Je lis pour ne plus être ici mais là-bas. 
Je lis sans raison. 
Je lis pour lire."

vendredi 23 janvier 2026

mardi 23 décembre 2025

samedi 20 décembre 2025

Publié par Alice - 2 commentaires

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... Dans le quartier tranquille des Peupliers, entre un banc public écaillé et un réverbère un peu courbé, trônait « La petite Guérite ». C’était une ancienne cabine téléphonique, repeinte en bleu charrette avec un toit en zinc et recyclée en boîte à livres artisanale. Sur l'étagère du milieu, entre une trace de café et un éclat de vernis, la cohabitation est électrique.
Le Traité de Métaphysique (couverture grise, 800 pages, odeur de vieux cuir) s'écarte avec dédain : 
— « Pourriez-vous cesser de vibrer ainsi ? Votre présence même insulte la profondeur de l'existence. »
Le Livre de Blagues Carambar (format poche, couverture jaune fluo, coins mâchouillés) rebondit sur sa tranche : 
— « Oh là là, détends tes marque-pages, le Philosophe ! Tu sais pourquoi les plongeurs plongent toujours en arrière et jamais en avant ? »
— « Je n'ai cure de vos trivialités nautiques, répond le Traité. Je traite de l'Être, du Néant, de l'essence même du Vide ! »
— « Bah, parce que sinon ils tombent dans le bateau ! » s'esclaffe le petit livre jaune.
Le Traité de Métaphysique frémit d'indignation : 
— « Quel Néant intellectuel... Vous n'êtes qu'une succession de calembours grotesques. »
— « Peut-être, répond le Livre de Blagues avec une soudaine sagesse, mais quand l'humain qui nous a déposés ici pleurait tout à l'heure, il ne t'a même pas regardé. Il m'a ouvert à la page 12, il a lu une vanne nulle sur les pingouins, et il a souri. C'est pas ça, l'essence de l'Être ? »
Un silence s'installa dans la boîte. Le vieux Traité, pour la première fois de sa longue vie, sentit une petite corne se former sur sa couverture. Il se rapprocha doucement du livre jaune.
— « Dites-moi... » murmura-t-il. « C'est quoi, l'histoire du pingouin ? »

Merci Nivins !
@SylvainDurain 
Chaque foyer doit posséder une bibliothèque, si petite soit-elle. S'y replonger, y passer du temps, piocher à droite à gauche, c'est une cure d'oxygène mentale. Une bibliothèque, après quelques années, dit quelque chose de son propriétaire. Quand je regarde la mienne, j'y vois de la curiosité et un cheminement. 
Rien n'est jamais terminé dans une bibliothèque, elle est toujours en construction, comme son parcours personnel. Par transmission, ce travail sera prolongé par vos enfants, ou détruit, c'est selon. Une bibliothèque doit vivre à travers les générations. 
Alors à vous, à quoi ressemble votre bibliothèque ? Que dit-elle de vous ?

mercredi 17 décembre 2025

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