Le petit monde d'Alice

vendredi 30 juillet 2021

Publié par Alice - 2 commentaires

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"Je tente consciemment et chaque jour, d'être vigilante, sensible aux détails et aux gens. J'accumule les images et les sons qui me touchent et m'émeuvent. Je fonctionne comme un écureuil avant l'hiver, un hamster qui entasse dans ses bajoues en prévision de jours moins fastes. 
Mes petits bonheurs (mes cailloux blancs) sont ceux que je ramasse sur le chemin de la vie parce qu'ils sont jolis, parce qu'ils me touchent, m'intéressent, me bouleversent. Je les range soigneusement dans un sac à bonheur au fond de ma poche. Dans les moments de doute, j'ouvre le sac et je les sors un à un. Chacun d'eux me rappelle un moment heureux de ma vie. Ils sont ronds et polis, si agréables à regarder et à toucher et ils me servent aussi à retrouver mon chemin vers l'essentiel, comme le Petit Poucet ! Ils me permettent de retrouver ma route au milieu des embûches. Quant aux lourds cailloux noirs qui plombent mes poches - et il y en eut beaucoup trop - ma famille et quelques amis m'ont souvent aidée à les jeter par-dessus bord. Il m'en reste quelques-uns d'ailleurs, dont je me débarrasse au fil de réflexions et de rencontres. Si je glisse la main dans mon sac, je ressors une promenade à 7 h du matin sur la plage du Grau-du-Roi, un repas au restaurant japonais avec un ami la semaine dernière, les rires de mes enfants et de mes petits-enfants, les coups de fil quotidiens avec ma soeur, une amie d'enfance retrouvée, un souvenir amoureux joli, joli, des huîtres achetées directement chez un ostréiculteur des Côtes d' Armor et dégustées dans l'heure, la traversée de la Lozère en septembre au milieu des champs fleuris, une raclette un soir de ski à Montgenèvre, le "je t'aime, mamie" de Léna, la petite main de Gabriel glissée dans la mienne pour m'entraîner et jouer avec lui, les couleurs du ciel chaque matin, la magie de la première neige, une coccinelle qui se pose délicatement devant moi, un orage avec un ciel strié d'éclairs jaunes, un carré (ou plus) de très bon chocolat noir, me déchausser le soir après une journée à piétiner en serrant les dents, m'installer en étoile de mer sur mon lit et soupirer que j'élèverais volontiers une statue à l'inventeur du matelas, respirer l'odeur de la peau d'un bébé, poser le nez dans le cou d'un homme parfumé (et oui, j'aime ça aussi !), pouvoir regarder seule une émission intéressante, écouter et regarder mes trois enfants rire ensemble aux mêmes délires, être bien coiffée, savourer un verre frais de Chardonnay à l'ombre des platanes, découvrir que le dernier livre acheté par hasard est une pure merveille, entrer dans la boutique d'un artisan passionné et papoter des heures, m'asseoir sur un banc et laisser le temps s'écouler, entrer dans une chapelle et écouter le silence, les grandes et belles voix, l'odeur de l'herbe coupée et de la terre mouillée, marcher au bord de l'océan tôt le matin, l'envie de vivre de mes enfants et de mes petits-enfants, apprendre et découvrir encore et toujours, m'intéresser et ouvrir mes yeux et mon coeur. Je referme soigneusement mon sac. Je ne veux perdre aucun de ces souvenirs tendres. J'y tiens !"
(Quinquabelle ou les parfaites imperfections)

2 commentaires :

  1. C'est très bien dit, c'est joli et ça te ressemble beaucoup !

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    1. "ça te ressemble beaucoup"... Oh, tu trouves ?! lol

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