Le petit monde d'Alice

samedi 28 avril 2018

Publié par Alice - 0 commentaire

Le lendemain, le soleil entrait à flot lorsque Nadir se réveilla tout habillé, sa main droite serrant encore le petit sachet de poudre d’or. Son aventure nocturne lui revint alors en mémoire dans le moindre détail et, pris d’une soudaine angoisse, il chercha une cachette pour le trésor magique qui pouvait lui procurer le bonheur.
Après avoir bien cherché, il choisit un vase de bronze au lourd couvercle. Lorsque Nadir entra dans la salle où se trouvait sa famille, sa mère, le voyant calme et souriant, s’écria :
« Dieu soit loué. Je vois qu’aujourd’hui notre cher enfant a l’air gai. Tu ne peux pas savoir la joie que j’en ai, mon petit garçon.
-       Mais oui Maman, répliqua Nadir, c’est vrai qu’aujourd’hui je suis gai. Je voudrais toujours être gai ! »
Son père le regardait avec curiosité.
« Qu’est-ce qui te rend si gai, mon cher Nadir ?
-       Je ne sais pas. Le beau temps, peut-être, répondit-il sans regarder son père. Le soleil qui brille sans doute. »
Il s’assit à la table familiale et mangea de bon appétit. Cependant, l’après-midi s’obscurcit et des nuages s’amoncelèrent. La menaçante tempête s’abattit soudain et Nadir fasciné regardait la furie de l’ouragan qui secouait les arbres et les cataractes inondant les prés.


Puis la foudre traversa le ciel pour frapper un cèdre du Liban qui, paraissant surgir des entrailles de la terre, flamba comme une torche. Le bruit fut tel que toute la maison frémit. Pris de panique, les habitants sortaient en hurlant.
Plus calme que jamais, Nadir pensait aux terribles pouvoirs de la nature. « Comme ce doit être merveilleux d’avoir une telle puissance ! Je voudrais bien être la foudre pour me jeter contre cette montagne et la faire éclater. » Cette idée l’obséda et, poussé par on ne sait quel démon, s’approcha du vase de bronze. Prenant vite la poudre, il en mit une pincée sur sa langue, disant à voix basse « Mutabor ». Ce fut terrible ! Une flamme l’enveloppa et le souleva, le projetant sur la montagne qui s’enflamma aussitôt comme un volcan. Puis tout redevint silencieux. Mort de peur, Nadir se trouva seul sur la cime fumante de la montagne dévastée. Noir de suie, les cheveux hérissés, la peau violette, les yeux brûlés, on aurait dit le diable. Lorsqu’il se retourna, Rhéza était là, mais cette fois son regard était terrible :
« Pauvre petit imbécile ! Te rends-tu compte au moins de ce que tu viens de faire ? »
Nadir gardait le silence. Son cœur était de glace et sa langue de feu. Il se mit à pleurer.
« Je voudrais bien être à la maison avec maman ! »
Sans attendre, Rhéza le prit dans ses bras, s’envola et déposa l’enfant dans son jardin.
Nadir, la tête basse, vit deux domestiques qui nettoyaient les marmites de ses parents et qui remettaient le mobilier en place car l’ouragan avait tout bousculé. Tout le monde se coucha après cette épuisante soirée.


Si vous êtes sages, suite demain soir... 

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