Qu'il soit entouré de très hauts murs de tuffeau, clos par des haies fleuries ou isolé dans un lointain coin de montagne, notre jardin secret, espace personnel par excellence, est indispensable, et les enfants savent d’instinct le développer très tôt.
Certaines parties de ce jardin sont visitables par tout le monde, d'autres ne sont ouvertes qu’à un public limité, pas toujours le même d'ailleurs, et choisi en fonction de critères totalement personnels ; et d'autres enfin sont du domaine complètement privé, personne n’a le droit d’y accéder.
C'est là, dans cet espace bien protégé, que nous pouvons penser, réfléchir, méditer, ressentir, nous souvenir, nous recueillir, espérer librement, sans que personne ne vienne nous déranger et y trouver à redire. C'est là que nous sommes véritablement autonomes, que nous nous racontons les histoires que nous voulons, que nous pouvons être qui nous voulons, faire ce que nous souhaitons comme nous le décidons, que nous remisons les épisodes de nos vies que nous n'avons pas envie de partager, quelle qu'en soit la raison. C'est là que nous nous retrouvons réellement avec nous-même.
Nous avons tous droit à un jardin secret, d’autant plus que nous en avons besoin. Il est à cultiver soigneusement, puisqu’il est à la fois refuge, source de protection, lieu d'énergie et de plaisir, placard de rangement et cabinet de nos curiosités.
Et à l'heure actuelle où la téléréalité, Facebook et la géolocalisation ont pris tant d’essor, c'est un rempart essentiel et précieux contre la surexposition ...
Savoir cultiver son jardin secret
Tout l'art du jardin secret réside dans le fait de choisir avec soin ce qui s'y trouve et bien déterminer qui a accès à quoi.
Par exemple, y mettre des non-dits parce que vous n'osez pas exprimer un reproche ou faire une demande, c'est y répandre des mauvaises herbes. Révéler un secret sous la pression peut ouvrir une brèche pénible dans ses remparts ...
Partager un secret peut avoir des conséquences pénibles, autant qu'il peut vous décharger d'un fardeau.
A vous donc de décider, sans vous justifier, de ce qui est du domaine public, du public restreint et du privé.
Posez-vous les questions suivantes :
Quelle valeur j'accorde à mon jardin secret ?
Qu'y a-t-il dans mon jardin secret ?
Quels sont les silences qui l'alourdissent ?
Quels sont les silences qui l'embellissent ?
Qu'y a-t-il dans les placards que je préfère laisser fermés ?
Pour certains, le jardin secret doit être « concret », par exemple une pièce bien à eux, une partie de grenier ou un cabanon au fond du jardin, auxquels personne d'autre n'a accès. Pourquoi pas ? C’est certainement réalisable !
Si vous avez du mal à faire respecter votre jardin secret vis-à-vis d'un conjoint un peu trop intrusif ? Ou d’enfants envahissants ? Apprenez alors à définir vos limites, à exprimer clairement ce que vous ressentez et à faire une demande assertive qui soit entendue et comprise.


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