Le petit monde d'Alice

dimanche 25 septembre 2011

Publié par Alice - 1 commentaire

 

Quand j'étais enfant, j'écrivais sur les murs blancs de ma chambre. J'alignais des mots entre les posters d'Elvis et de Julie Andrews, des guirlandes de mots bleus, rouges, roses ondulaient, malgré les remontrances de ma mère : «Il faudra repeindre les murs ...»
Très tôt, j'ai eu besoin des mots.
Très tôt, j'ai compris qu'un mot n'était pas qu'un mot, que chacun d'entre eux était lourd d'une volonté de dire, d'une histoire, et qu'il fallait passer du temps avec eux pour qu'ils nous livrent leur secret. Il y a des mots qui nous accompagnent une partie de notre vie, puis disparaissent mais restent à leur façon.

Je ne me souviens pas de toutes les phrases inscrites sur les murs de ma chambre, j'imagine qu'elles se nichent quelque part, ces phrases oubliées, elles ont quitté ma mémoire pour rejoindre je ne sais quelle partie mal éclairée de mon esprit, de mon coeur, de ma chair ; et qu'elles continuent de m'habiter autant que les phrases dont je me souviens.
Nous sommes faits de mots, de songes et d'un peu de réalité. De mots choisis, béquilles pour une vie en devenir.
Les mots m'ouvraient le chemin, me prenaient par la main, m'aidaient à me tenir droite, comme le tuteur qui redresse la rose trop lourde du jardin. Les mots me transmettaient leur force, je n'étais plus seule, puisque j'adhérais à une autre pensée.
Elles étaient graves, mes phrases choisies. Elles reflétaient ce que je ne savais exprimer : un vers de Mallarmé, un vers de Baudelaire, de Victor Hugo, quelques réflexions de sages... le programme de ma classe.

Mes parents avaient toujours l’air stupéfaits, quand ils parcouraient le mur des yeux … Outre l’atteinte à l’intégrité de la maison, mon choix était, semblait-il, un peu austère pour mon âge.

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