On l’a choisi avec soin. C’était difficile, car, pour souscrire à l’esthétique, il fallait qu’en plus d’être confortable, il fût beau. Les critères étaient ainsi posés : noblesse des matériaux, pureté des lignes, confort excellent pour une détente absolue. On n’avait pas le droit à l’erreur. Le choix d’un tel fauteuil est un engagement. Tout de suite, pourtant, on a su que c’était lui, par une sorte de frisson dans l’échine, mais pour vérifier, et de peur aussi que cette sensation n’eût été le fruit de notre imagination exacerbée, on est revenu l’examiner plusieurs fois de suite. C’était le bon. […]
Ce que l’on souhaitait en matière de bien-être, et c’était bien cela le plus compliqué à définir, c’était qu’il nous soulage du poids de notre propre corps, que ses deux bras nous donnent l’impression de nous porter, de nous soulever de terre, de nous désolidariser de tous nos points d’appui et de tension habituels. Il fallait que le fauteuil établisse des correspondances intimes avec des pôles de notre corps et que, par ce dialogue, l’alchimie opère, nous offrant ainsi le repos tant attendu.
(Catherine Laroze, L’Art de ne rien faire)
0 commentaire
Enregistrer un commentaire