Le petit monde d'Alice

samedi 16 octobre 2010

Publié par Alice - 0 commentaire

Nous avons, pour la plupart d’entre nous, au delà du désir de transmettre la vie (parfois avec réticence et prudence) le besoin de transmettre des valeurs, de laisser une trace, de marquer une influence aussi minime soit-elle, soit durant notre existence, soit après notre passage sur cette terre.

Autrefois on transmettait des biens (quand on en avait), des savoirs (quand on en possédait), des valeurs (quand elles avaient résisté à l’épreuve de la réalité), des croyances (auxquelles on était attaché). Aujourd’hui, dans le domaine des valeurs, chacun doit s’interroger sur celles qu’il met en pratique ou qu’il défend, sur celles qu’il transmet, sur les valeurs nouvelles qui sont nécessaires pour donner du sens à notre vie, valeurs qui sont en mutations et donc à découvrir, à accepter ou à refuser.

Nous sommes contaminés subtilement mais tenacement par des valeurs volages, marchandes, minés par injonctions, des diktats, entraînés dans des rapports de force qui nous bousculent, entraînés à adopter des valeurs parasitaires qui sont véhiculées à travers une publicité omniprésente, une télévision envahissante, un cinéma séducteur. Des valeurs qui nous éloignent de nos aspirations profondes, de nos besoins vitaux, surtout en tentant de combler (en vain) ce que nous croyons être nos désirs.

Que pouvons-nous transmettre aujourd’hui à notre entourage, à nos enfants, à ceux qui vont nous survivre après notre disparition ? Une seule chose me semble-t-il : l’espoir. L’espoir d’un renouveau possible, d’un réveil. Le goût de la recherche, d’un travail sur soi pour favoriser l’émergence d’un homme nouveau débarrassé des séquelles infantiles qui mobilisent encore aujourd’hui l’essentiel de ses actes et de ses pensées. Car nous ne pouvons plus transmettre de certitudes, elles sont taries, dévitalisées par la mouvance des emprises technologiques. Nous pouvons difficilement transmettre des croyances, celles-ci se sont diluées au contact d’une réalité de plus en plus coupée du réel. Nos convictions les plus fortes sont devenues fragiles, versatiles, trop éphémères car elles ne sont plus validées par des résultats suffisamment fiables pour servir d’ancrages à notre propre existence. Par quel lien, par quels messages pouvons-nous transmettre de l’espoir à la génération qui nous suit ? Avec quel enthousiasme, quelle passion, quelle foi allons-nous susciter une espérance durable, fiable pour garder vivante cette planète qui nous a accueillis, pour permettre à tous les peuples de la terre de cesser de se combattre, de veiller à ce que chaque être humain puisse manger, dormir, se développer, accéder à la santé et croître en sécurité ?

Uniquement par le témoignage de notre existence, de notre propre mise en cause, à travers une implication simple, au niveau des actes du quotidien. C’est par un témoignage de vie, plus que par les idées, plus par notre façon d’être au monde en accord, en cohérence avec des valeurs de vie que nous pouvons tenter d’apporter des repères, de montrer des chemins possibles, de proposer quelques balises ... J’ai conscience de n’avoir aucune influence sur les hommes politiques qui gouvernent mon pays et les pays qui m’entourent, aucune influence sur les multinationales qui exploitent les richesses de la terre, aucune influence sur les chefs religieux qui attisent le fanatisme de leurs coreligionnaires, aucune influence sur les recherches entreprises par certains savants, plus préoccupés par leur ego que par le bien de l’humanité. Et cependant je veux partager l’espoir qui m’habite, qui me tenaille, qui me pousse à me lever tous les matins pour grandir encore un peu. Je veux transmettre quelques valeurs telles que la tolérance, la non violence, la compassion et le respect de l’autre et de moi-même.

Petites graines pour un avenir à vitaliser, qui devra se débarrasser d’un passé qui risque de le violenter.

(Jacques Salomé)


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